Mélanie Regazzoni

Productrice, GAEC Gachet, Beaufort sur Doron, Beaufortain.

Mélanie est une fine et belle jeune femme, posée, souriante et patiente. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il faut avoir vu cette belle blonde filiforme et musclée dégager une vache tarie de la machine à traire, ou charger sur son épaule les piquets de la clôture électrique pour ne pas douter une seconde de ses compétences d’alpagiste.
Née en 1983, d’une mère beaufortaine, Mélanie grandit à Albertville, et après un bac S, débute des études d’infirmière à Grenoble. « Mais au fil des stages, je me rendais compte que ce n’était pas pour moi. C’était… elle marque un temps d’arrêt… trop dur psychologiquement. Surtout en psychiatrie infantile et en gériatrie. »

« L’été je montais en alpage, ici, avec mon oncle et j’aimais ça. Je me suis dit que… pourquoi pas ? ». En 2006, elle achève son BTS Production Animale, option Conduite d’élevage. « Mais je n’étais pas partie du tout pour m’installer. J’avais d’ailleurs complété ma formation par un Certificat de Spécialisation Conseil en production laitière, donc je me destinais au conseil et au contrôle de performance du lait. » Lorsque Pierre Gachet, son oncle, lui propose de s’associer avec lui en remplacement de son frère qui vient de quitter le GAEC… « C’est vraiment parce que cette super occasion s’est présentée. C’est parce que c’était la famille. » Le contrôle laitier de Haute-Savoie lui a déjà proposé un contrat. « Cela me plaisait aussi ; ce qui était sûr c’est que je voulais m’installer et vivre en montagne »

À l’automne 2008, oncle et nièce démarrent le travail ensemble, dès le retour de Mélanie d’un stage de 6 mois en Nouvelle-Zélande, premier exportateur mondial de lait. « J’en ai profité tant qu’à faire, je savais qu’après ce ne serait plus possible. » L’été passe, en alpage, l’automne passe, en bas, lorsque les vaches commencent à vêler. Mélanie entre pour de bon au GAEC Gachet, sis à Beaufort, en janvier 2009 en rachetant les parts devenues disponibles. Depuis, elle est l’été en haut, pendant que son oncle fait les foins en bas, une répartition du travail vieille comme les alpages. Le leur appartient à la commune de Beaufort, 120 hectares de pelouses d’herbes d’altitude sans une pierre, qui moutonnent sous un ciel bleu azur. La porte du chalet des Arolles en découpe une grande portion ensoleillée. Le grand dehors sans limites commence à l’extérieur de ces quatre murs de pierre.

Malgré la traite à 5 h et le rythme soutenu du travail, il fait bon vivre à 2035 mètres avec vue imprenable sur le lac de Saint Guérin et les crêtes du Cormet d’Arêches.

Extrait du portrait publié dans le livre « Le Beaufort, Réinventer le fruit commun » aux éditions Libel déc.2016