Au rythme des saisons

L'été : alpage et fenaison

Chaque année vers la mi-juin, les troupeaux quittent les vallées pour se diriger vers les sommets. Ils se nourrissent à chaque étape d’une herbe verte et fleurie. La montée dans les alpages, appelée « l’emmontagnée » est un moment fort qui demande une vraie organisation : assurer la traite du matin en vallée, le transport du matériel et le déplacement des troupeaux vers l'alpage pour pouvoir traire à nouveau l'après-midi et assurer la transformation directement au chalet ou acheminer le lait au point de collecte. 

Durant la période dite des « 100 jours » de juin à octobre, nos 17 000 vaches montagnardes pâturent entre 1 500 à 2 500 m d’altitude des prairies naturelles avec une flore très variée, idéale pour leur alimentation, et donc la qualité de leur lait. 

Très souvent, cette période estivale se vit en famille. Les enfants sont ravis de passer l’été avec leurs parents dans le chalet d’alpage. 

Le réveil sonne très tôt, entre 3 h et 5 h, pour la 1ère traite qui prend près de 2 heures pour un troupeau de 100 à 150 vaches. Ensuite, les tâches s’enchaînent : ils préparent et déplacent les parcs pour assurer une belle pâture et veiller à l’entretien des alpages, ils nettoient la machine à traire, ils entretiennent les accès à l’alpage, le matériel et la pelouse alpine (hersage, débroussaillage...). En général, ils déplacent la machine à traire tous les 3 jours. Et en milieu d’après-midi, démarre la 2ème traite. 

Cette organisation type peut être perturbée par la météo (chutes de neige, gros orages), les pannes matérielles...mais généralement ils essayent de préserver le moment de la sieste après le déjeuner. Pensez-y si vous souhaitez rencontrer un producteur en alpages… 

En vallée, c’est la récolte de foin

Dans les prairies libérées des troupeaux, les producteurs s’occupent de ramasser le foin pour nourrir les vaches pendant l’hiver. Les travaux de fenaison sont compliqués, ils prennent 3 fois plus de temps qu’en plaine : la pente ne permet pas une mécanisation totale, le climat rend difficile le séchage naturel de l’herbe (forte rosée le matin, orage tôt l’après-midi). Du matériel adapté (moto-faucheuse, auto-chargeuse et séchage en grange) est nécessaire et il n’est pas rare que la récolte du foin s’étale sur plus de 2 mois.

L'hiver : entre étable et stations de ski

Avant l’arrivée de l’automne, les troupeaux redescendent tranquillement dans les vallées, c’est la « démontagnée ». Les vaches vont rester pâturer à proximité des étables jusqu’aux premiers froids et chutes de neige.

Les éleveurs retardent toujours au maximum la rentrée à l’étable car les vaches y restent tout l’hiver et le plus souvent jusqu’à fin avril.

L’hiver, les éleveurs ne chôment pas. Sports d’hiver et filière Beaufort sont depuis longtemps intimement liés. Dès la création des premières stations de ski, les éleveurs ont commencé à y travailler comme pisteurs, perchmans, moniteurs de ski… Aujourd’hui, c’est près d’un producteur sur deux qui l’hiver a une double activité. Le développement du tourisme dans notre région a fortement contribué au maintien de l’agriculture de montagne.

Après la traite du matin, les soins apportés et la distribution du foin à leurs troupeaux, ils filent vers les stations de ski et vers 17 h retour à l’étable pour la seconde traite.