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Mercredi 8 août 2018

Une histoire de famille

Alpage Vallon des Rossets - Peisey-Nancroix

C’est à la chapelle Notre-Dame-des-Vernettes que nous avions donné rendez-vous pour partir à la rencontre de la famille Poccard. Ce lieu, très cher au cœur des habitants de la vallée depuis plus de 300 ans est un sanctuaire classé aux monuments historiques. A 1800m d’altitude, au milieu des alpages avec une vue imprenable sur les sommets de l’Alliet de de Bellecôte. Le ton est donné. La journée va être belle et riche en émotions !

C’est donc un bon groupe de 50 personnes, guidé par Nadège, accompagnatrice en montagne, qui partit, bien décidé, en direction de l’alpage du Vallon des Rossets.  A la file indienne, sur un petit sentier, le début de la randonnée se fît dans la forêt du Carro Blanc. Nous attenions ensuite la piste pour arriver au Vallon des Rossets avec une vue dégagé et splendide sur le premier chalet d’alpage, les marmottes et le vallon de Rosuel. La famille Poccard commence ses 100 jours d’alpage dans ce premier hameau où il fabrique leur premier Beaufort Chalet d’Alpage de l’été. Mais nous ne nous arrêtons pas là ! Il faut encore continuer les lacets de la piste pour rejoindre « Entre Deux Nants » et le deuxième chalet d’alpage. Après 2h30 de marche, tout le monde était ravi d’arriver.

Les premiers arrivés avaient commencé la visite de l’atelier de fabrication où est fabriqué le Beaufort Chalet d’Alpage pendant que les derniers arrivants furent accueillis par un apéritif et un bout de Beaufort.  

Pierre Poccard et sa femme Anne-Sophie, étaient en pleine préparation de la fondue 100% Beaufort. Et bien sûr avec leur Beaufort fabriqué l’hiver dans leur atelier de fabrication en vallée. Lorsque tout le monde fût réuni autour du chaudron, Pierre demanda aux 8 personnes travaillant sur l’alpage de se présenter (une grande partie de la famille et surtout que des jeunes de moins de 25 ans). Nous voyons tout de suite que la vie en alpage et les valeurs transmises ont apporté à ces jeunes une maturité et un bel esprit d’équipe. Comme il nous l’expliqua avant d’attaquer la fondue, chacun ici est polyvalent et aide l’autre, que ce soit à la traite ou à la fromagerie. De belles paroles et une belle intervention qui montra tout de suite la mentalité et la vision de cette famille si généreuse et visionnaire.

C’est l’heure de la fondue ! Elle est prête et tout ce petit monde trempa donc son bout de pain dans le chaudron. Beaucoup aurons du avoir des gages, vu le nombre de bout de pain tombés dans la fondue… Mais le principal, c’est le partage. Tout le monde rassasié, il y avait aussi de la salade de fruits et du pudding. Un accueil exceptionnel sur cet alpage familial.

Les nuages menaçants et les bergers étant déjà partis à la traite, un petit groupe accompagné de Nadège repartir pour 30 minutes de marche direction le Col de la Chal ou le troupeau pâture à cette époque de l’année. Arrivés là-haut, le décor est différent avec les remontées mécaniques de la station des Arcs et forcément plus de monde sur ce plateau. C’est à la machine à traire que nous retrouvons les alpagistes, bien occupés entre la traite des 200 vaches laitières et la délimitation des parcs. Clément (le fils aîné) est à la traite et Anaïs (la cadette) s’occupe des parcs. Chacun sait ce qu’il doit faire et où est sa place. Pendant ce temps, nous échangeons avec Pierre, qui nous donne sa vision de la filière Beaufort et de l’entretien de nos montagnes.

Nous n’échappons pas à la pluie et tous les vacanciers sont redescendus, à pied avec la guide ou par le Trans’Arcs.  Mais la vie d’alpagiste c’est aussi ça et nous restons donc sous la machine à traire, toute neuve et moderne, bien à l’abri. La modernisation amène un confort aux alpagistes et nous nous en rendons encore plus compte quand le temps n’est pas de la partie.

Nous restons aussi jusqu’à  l’arrivée du lait au chalet et à la fabrication du Beaufort Chalet d’Alpage. Pierre et Vincent sont à la fabrication pendant que Zian (Jean en patois savoyard), le petit dernier, s’occupe du suivi de fabrication en tout bon secrétaire.

 Le beau temps et le soleil était revenu… Dommage que la pluie est fait fuir tout le monde. On ne voulait plus redescendre de cet alpage…