Photos

C'était l'heure des foins !

Chez Alexandre SOCQUET-JUGLARD - Crest-Voland/Cohennoz

Alexandre et Laëtitia nous accueillaient sur leur exploitation pour nous parler des foins, un des moments importants pour toute la filière Beaufort.

Le terrain savoyard n’est pas plat, là où le tracteur ne passe pas il faut utiliser la moto-faucheuse, voire la faux par endroits. Il faut ensuite tirer le foin au râteau pour l’amener sur une surface où le tracteur peut passer sans trop de danger pour pirouetter (brasser pour sécher) puis andainer (mettre tout le foin sur une seule ligne pour le ramasser) et enfin « round-baller » (la chargeuse ramasse le foin et l’enroule en balles, mais attention, il est interdit de l’enrubanner pour le faire fermenter).

Les balles rondes présentent un gain de temps par rapport au vrac puisqu’on peut mettre toute une parcelle en balles en une fois (alors qu’en vrac il faut descendre la voyage à la grange à chaque fois que la chargeuse est remplie), avantage indéniable lorsque la pluie menace (puisqu’une fois enroulé il suffit de mettre la balle à l’horizontale pour que le foin ne prenne plus l’humidité). Elles sont également simples à gérer dans la grange, et Alexandre règle sa round-balleuse en ne serrant pas trop le foin pour ne pas le casser et perdre en qualité.

 

Sur les surfaces en pente et en relief de la zone Beaufort il faut prévoir un bon mois pour entrer le foin nécessaire à l’autonomie exigée par le cahier des charges. Après cette période intensive qui impose parfois aux producteurs de dormir très peu, il y faudra recommencer au mois d’août pour le « regain » (l’herbe qui aura repoussé s’il pleut suffisamment, faisant plus de feuilles que de tiges et donc plus tendre, moins riche en fibres et plus riches en protéines).

La visite de l’exploitation s’est terminée par l’étable, vide puisque les vaches sont en alpage du côté des Saisies, ce qui impose de faire les allers-retours  quotidiens entre la traite et les foins.

 

Sandrine COULAUD, accompagnatrice en montagne, nous a expliqué la végétation des montagnes, en fonction des altitudes et des terrains argileux ou calcaires, les plantes qui peuvent se consommer directement, celles qui ne sont pas comestibles en l’état mais qui peuvent se cuisiner, celles qui nécessitent une distillation (à consommer avec modération), celles qu’il faut à tout prix éviter et celles qui soignent comme le plantin dont la sève apaise les piqures (de moustiques autant que d’orties) ou le millepertuis qui calme la brûlure des coups de soleil si vous l’appliquez en vous tenant à l’ombre mais qui l’amplifiera si vous retourner au soleil tout de suite après…

Aviez-vous remarqué qu’une même plante aura les tiges moins hautes quand elle sera à une altitude plus haute ? Tout simplement parce qu’elle doit lutter contre les intempéries !

Savez-vous pourquoi une même plante aura des couleurs plus éclatantes en altitude ? Tout simplement parce qu’elle souffre des effets du soleil ! La plante ne peut pas bénéficier d’une crème solaire, nous le pouvons, alors ne partez jamais en montagne sans protéger votre peau !

 

L’après-midi s’est évidemment terminé par une dégustation du Beaufort de la coopérative du Val d’Arly à laquelle livre Alexandre, avec un temps d’échanges entre toutes les personnes présentes, et un concours de tatouages « Fan2Beaufort » chez les enfants !